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[OVNI-SCIENCES] L'ufologie victime d'une double (triple) censure

Pgrsel at aol.com Pgrsel at aol.com
Sam 21 Jan 19:25:46 CET 2006


>J'apprends ce soir aux  termes d'une lettre de M. Bougard
>adressée à  l'auteur, qu'après avoir été refusé  par la revue
>Sciences et Avenir et reporté pour  "faire de la place  à des
>choses plus importantes et urgentes", le texte intitulé
>"L'ufologie victime d'une double censure" de J. Sider
>a finalement  été  autorisé de publication dans le n°112
>de la revue belge de la  SOBEPS,  Inforespace.

Je suis navré d'avoir du le constater, mais bien que l'article
de Jean Sider contienne un certain nombre de points valides,
ou même que "l'essentiel" est plutôt présent qu'absent,
il y a pléthore d'erreurs qui en amenuisent l'intérêt.

Oui, "on" aimerait bien que le public ne dérange personnne
avec ces histoires d'OVNIS. C'est vrai. Oui, il semble
y avoir un sacré problème, avec toutes ces histoires
de classification et de dénigrement ... pour ce qui
ne serait toujours que de simples ballons, canards, Vénus
et autres. D'accord!

Mais enfin, ce n'est pas en exagérant cette "censure"
que l'on peut informer le public. Les gens ne sont pas
si naif, et quand on leur raconte que ce sont les
vilain américains qui nous cachent la vérité etc,
il vaut mieux être très précis et rigoureux si
on ne veut pas juste faire hausser quelques épaules
éduquées - tandis que pour beaucoup de gens, bien sûr,
nulle besoin de grandes thèses, ils en sont sûrs
de toute façon, du "gouvenement qui ment
sur les OVNIS" puisqu'on le voit à la télé.

Je peux précisément pointer certaines de ces erreurs. Une partie
d'entre elle relève de la généralisation, parfois aux limites de
la caricature, une autre partie relève de raisonnements
qui peuvent bien être corrects, mais ne sont pas réellement
bien supportés par les "documents" cités.

Par exemple, Jean Sider écrit que "depuis juillet 1947, les
Etats-Unis ont instauré une censure draconienne sur des phénomènes
qui ont surgi dans les cieux de nombreux pays."

Tout d'abord, évidemment, les Etats-Unis ne peuvent absolument
pas être accusé de censure concernant ce qui se passe en d'autres
cieux que les leurs. Ce qui s'est plus généralement
passé est que d'autres pays, la plupart des autres pays,
sont resté attentistes, comptant sur le projet Blue Book aux Etats-Unis
pour avoir le fin mot de l'histoire, et ceci parce que ces
pays imaginaient que Blue Book avait de très gros moyens,
et qu'il est donc possible de s'économiser les coûts que
l'on s'imaginait d'une telle recherche. Les instances Britanniques,
Français, Allemandes et bien d'autres pays ont simplement
pensé que ce n'est pas la peine de se ridiculiser aux yeux
des opinions ou d'inquiéter les masses en dépensant l'argent
public a une étude souvent vue comme "ridicule" en soi.
Jean Sider le sait et le dit dans son article.
On constate bien dans diverses "notices" d'informations
du public de bien des ministères de la défense, qu'il y a
quasiment un calque de la notice finale de Blue Book.

Il est permis de le regretter et de le déplorer, bien entendu,
mais dire que les Etats-Unis auraient "censuré mondialement"
les OVNIS d'autres cieux que les leurs est totalement fabulatoire.

Concernant une censure en soi, ce n'est qu'une demi-vérité.
En réalité, il y a eu une politique très fluctuante, des débats
internes et publics, des périodes de dénigrement actif et
de volonté de donner au gens une "éducation" pour qu'ils
cessent de "voir des OVNIS partout", mais il y a eu
des périodes bien différentes. Un exemple est ce moment
où le reporter Sidney Shallet publie un article plus
négationniste que ce à quoi l'AF s'attendait. C'est le rapport
Grudge publié par l'AF, avec ses "inconnus", et que la presse
ignore sans qu'on le le lui ait demandé et ainsi de suite.
Je pense que les personnes interessées devraient
lire le livre de Ruppelt
(http://www.ufologie.net/books/ruppeltbook05f.htm)
plutôt que l'interprétation simpliste et lointaine
d'un ufologue français qui n'a évidemment pas vécu
les choses de l'intérieur.

Mais au-delà d'exemples ponctuels de cette période là,
il aurait quand même été minimal de signaler que les
Etats-Unis ont été le premier pays à ouvrir les archives
de leurs recherches - non pas toutes, mais une masse
respectable. S'il faut parler de censure, pourquoi pointer
du doigt ce pays là, alors que tant d'autres ont encore
leurs archives totalement inaccessibles? Et que ceux
qui ont ouvert leurs archives l'ont fait seulement récemment?

Ainsi, quand Jean Sider affirme que "les scientifiques du monde
entier se trouvent donc privés d'informations sur des découvertes
capitales éventuelles", je dois m'étiger en faux: j'ai la copie
complète de la totalité des archives Grudge et Blue Book
devant moi!

Certes, ce n'est pas spontanément que ces archives ont été
ouvertes, mais elles le sont, et il est donc peu conforme
à la réalité d'affirmer que "les scientifiques du monde
entier" soient "privés" par la censure américaine.
Cela aurait été relativement vrai en 1976, mais
nous sommes en 2006 et les ufologues ont travaillé
et obtenu des résultats (contrairement à ce que veut
faire croire la sempiternelle routine de "l'ufologie
qui stagne depuis 50 an".)

Encore une fois: il ne s'agit pas pour moi de nier la censure,
ou d'affirmer que _tout_ est disponible, mais ce ressassage
continuel sur les "censures" des autres ne valent guère mieux
que ces "censures" là.

Ce qu'il faudra tout de même un jour "découvrir", et dire
aux gens, c'est que 66.000 pages de l'AF Force attendent
qu'on veuille bien les consulter, et que c'est facile et peu couteux!

( http://www.bluebookarchive.org )

"Il fut un temps, notamment dans les années 1950 et 1960, où
certaines revues scientifiques avaient le courage de poser de
très bonnes questions [sur les OVNIS] Puis, un couperet est
tombé et les PANI ont été bannis de la presse, du fait de la
censure qui s'est instaurée dans les milieux scientifiques."

Voilà encore une série de demi-vérités.

D'une part, les OVNIS remplissent autant les journaux, nos
magazines, de nos jours comme par le passé, présentés
de façon autant "positive" et "négatives" selon les auteurs
et les modes, avec des hauts et des bas, des calmes
et des tempêtes, mais encore, le faible nombre de publications
scientifiques abordant ce sujet n'a pas réellement diminué.
Au contraire des publications traditionnellement "hostiles"
au plus haut point aux "OVNIS" publient de plus en plus
d'articles d'où certte hostilité à disparue, pour dire le moins.

Là encore, la vielle chanson des "scientifiques contre
les OVNIS" devrait maintenant être oubliée, et il s'agirait
maintenant de plutôt parler des scientifiques de plus en plus
nombreux qui ont cessé de rire des petits hommes verts.

Quant à parler de "censure" dans les milieux scientifiques,
je ne pense pas que le terme soit approprié. La peur du ridicule
est une chose, elle a joué, elle joue encore, mais entre une
"auto-censure" spontanée par peur du ridicule et attribuer
cet état de fait à un pays étranger, il y a une certaine marge.

Aucun "méchant censeur américain" ne m'a jamais empêché
de parler OVNI publiquement. Les ufologues devraient
simplement travailler, plutôt que de se complaire
dans la répétition inlassable de la dénonciation
d'épouvantails étrangers.

Jean Sider nous affirme que les "américains" ont décidé en 1969 que les
ovnis n'existaient pas.

C'est faux. Il n'existe aucun document gouvernemental américain
ou cela serait affirmé.

Par exemple, le memo de fermeture de Blue Book ne dit rien de tel.

Il dit deux choses:

- Les OVNIS ne représentent pas un danger pour les citoyens des Etats-Unis.
- L'AF n'a pas trouvé de PREUVE MATERIELLES qui en prouverait l'origine 
extraterrestre.

Transformer ce qui est dit réellement en quelque chose
comme "nous avons prouvé l'inexistence des OVNIS", c'est
être plus censeur que les censeurs.

Jean Sider y voit en tout cas un "effet" qui, lui, est réel:
"Du coup, l'esprit des scientifiques a tellement été ligoté
que le sujet est vite tombé dans le mépris, la dérision, puis
l'oubli. Dès lors, pour les femmes et les hommes de science,
s'y intéresser ouvertement devenait, et reste encore,
une prise de risque pour la carrière. Dans leur milieu,
il est même devenu de bon ton de se gausser « des petits hommes
verts », et de dauber sur les personnes qui s'intéressent à ce
sujet, assimilées à des mythomanes."

C'est vrai! Mais quand des ufologues colportent une
version rendue plus négative qu'elle ne l'a jamais été
de ce que l'AF, Condon ou autres expressions officielles
améraicaines ont réellement dit, quand des ufologues
colportent la "censure américaine" plutôt que d'informer
la communeauté scientifique sur la facilité d'accès
aux données, il ne font que devenir partie intégrante
de la machine à ridiculiser.

Jean Sider indique: "Selon le capitaine Edward J. Ruppelt, ancien chef
du Project Blue Book, le secret fut imposé par l'Armée de l'air à la
fin du même mois". c'est exact.
Mais ensuite, il entame une série de propos qui ne le sont plus.
Pa exemple, il écrit:

"Rien que cet aveu d'un ancien officier qui fut au cœur du
problème, indique déjà que les programmes non secrets mis sur
pied n'ont été que des paravents destinés aux médias et aux masses.
Il en a été ainsi des programmes qui se sont succédé : Projects
Sign, Grudge, New Grudge, et Blue Book."

En réalité, Sign n'a jamais été un paravent. C'était une recherche
"en interne" qui n'avait aucun objectif "d'information du public"
du tout. Il n'était pas question de "censure", car il n'était
pas question "d'informer" mais de "comprendre d'abord".

New Grudge et Blue Book ne sont qu'un seul et même programme,
le seul changement étant la trouvaille très rapide
du nom "Blue Book" plus élégant que "New Grudge".

Blue Book n'a pas été un paravent d'emblée. Il l'est devenu
par la politique de la CIA et de son Robertson Panel en 1953,
tandis que précédemment, Blue Book avait une intention
d'information publique concernant les OVNIS, sans préjugé
de conclusion, et avec comme point de départ: la conclusion
assez négative de Grudge est un scandale auquel nous allons
remédier par une nouvelle recherche, sérieuse cette fois.

Bien entendu, tout ceci ne signifie pas l'inexistance d'autres
recherches, ou une possible dissimulation du type
"Watergate Cosmique", mais je n'ai pas aimé la présentation
caricaturale et simpliste de ce que Sign, Grudge et Blue Book
ont été. Les ufologues ne devraient pas manquer à ce point
de rigueur, ils ne devraient pas donner au "public" un
message erroné de militaires américains ainsi "em bloc
contre les OVNIS". La réalité est que les militaires dans
leur ensemble ont été aussi divisés que les ufologues
l'ont été sur ce sujet.

Jean Sider nous dit: "Dès lors, la logique la plus élémentaire
veut que tout ce qui a été admis ouvertement sur ce qui fut accompli
à partir de là n'ait été que rideaux de fumée."

Pourquoi pas?

Le propos de Jean Sider est de nous le prouver non pas
par de la logique élémentaire, mais par des documents officiels
incontestable, qu'il entend alors nous présenter.

Il nous parle de la lettre Général Nathan F. Twining du
23 septembre 1947, en disant qu'elle le prouve.

Mais cette lettre ne prouve pas ce qu'il dit. Cette lettre prouve
que l'opinion formée suite aux enquêtes est que les OVNIS sont
réels. Elle ne prouve pas que des recherches secrètes dont on
ne sairt rien auraient été menées. Je n'ai pas aimé cet exemple
de citation d'un document important pour lui faire dire
autre chose que ce qu'il dit.

Jean Sider se trompe ensuite:

"E. J. Ruppelt avait déjà signalé cette lettre dans son livre,
mais comme elle était encore classifiée secret à l'époque, il
n'avait pu en obtenir une copie. (Ruppelt, p. 26)."

Non, ce n'est pas cette lettre qu'il évoquait, mais un tout autre
document, le fameux "Estimate of the Situation" qui effectivement
n'est à la disposition de personne puisqu'il a été détruit.

Ce que "l'Estimation" disait est autre chose que la lettre de
Twining: Ce texte disait que des OVNIS sont non seulement
réels, mais aussi, extraterrestres.

Il n'était plus question des Russes.

Encore une fois, il vaut mieux lire Ruppelt que Sider.
Jean Sider étant défavorable à la thèse des visiteurs
extraterrestres a-t-il "censuré" là une information?

Toujours est-til que son point n'est, à ce stade,
pas encore prouvé par des documents officiels.

La pièce suivante qu'il présente est:

-----------------
"1 - Un mémorandum émanant du Ministère des Transports
du Canada rédigé fin 1950, précise les points suivants
concernant les Flying saucers, terme très populaire
à l'époque :"

A - L'affaire est le sujet le plus hautement classifié aux Etats-Unis, d'un 
niveau
même plus élevé que celui de la bombe H.

B - Les Flying saucers existent.

C - Leur mode opératoire est inconnu mais il fait l'objet d'un effort 
intensif par
un petit groupe dirigé par le docteur Vannevar Bush.

D - L'affaire entière est considérée par les autorités des Etats-Unis comme 
étant
 d'une formidable importance.

Le signataire était un ingénieur qui dirigeait le Project Magnet, 
correspondant canadien
du Project Blue Book. (Mémorandum signé de l'ingénieur Wilber B. Smith, 
Department
of Transport, Ottawa, du 21 novembre 1950).

-----------------

Concernant le Poject Magnet, pour ceux qui ne
connaitraient pas, voir:

http://www.presidentialufo.com/us_project_magnet.htm

La pièce présentée ici par Jean Sider n'est pas négligeable.
D'un autre côté, son statut de "preuve" est relativement à modérer.
Wilbert Smith rapport dans ce document ce qu'il a entendu aux
Etats-Unis. Mais de qui l'a-t-il entendu? D'un scientifique américain,
le Dr. Sarbacher. Est-ce sûr? Oui, cela a été vérifié.

Mais le petit problème est que le Dr. Sarbacher n'était
pas "dans" ce fameux programme top secret américain.
Il a entendu une ou plusieurs discussions ou présentations
à WAPF dans lesquelles il était question d'engin(s) ET
et d'occupants ET récupérés.

Voir par exemple:

****

Friedman: ... He asked you a question that
you didn't answer at that time which was rather fascinating (??)
maybe you've just given me the answer in a sense, ah he quotes
you as saying " Yes it is classified two points higher even than
the H Bomb. In fact the most highly classified subject in the US
government at the present time." and

Sarbacher: I don't have the slightest idea why.

Friedman: Well

Sarbacher: It seems silly to me.

Friedman: Well, his next comment, that was supposedly what you said and
then his next comment was ah "May I ask the reason for the
classification" and you said " You may ask but I can't tell you."
Well think that (cut off)

Sarbacher: Well probably cause I didn't know.

****

Le fait demeure donc que les souvenirs de Sarbacher
sont un peu vague, que le memo de Smith, aussi intéressant
soit-il, n'équivaut tout de même pas à une "preuve"
et n'est pas d'origine officielle américaine.

Vous pouvez le considérer en peu comme si l'on trouvait
un papier de Jean-Jacques Vélasco, dans lequel il
aurait écrit qu'il a entendu un scientifique américain
lui dire qu'il a entendu d'autres scientifiques
de WPAFB qu'un engin et des occupants extraterrestres
ont été récupérés. Ce ne serait pas négligeables ou
dépourvu d'intérêt, mais parleriez vous de "preuve officielle"

La deuxième preuve officielle indiquée par Sider est:

"2 - Une lettre reçue par le chercheur Richard Hall, à en-tête
de l'Etat-Major de l'Armée de Terre américaine. Le signataire
y indique qu'un service appelé Interplanatary phenomenon Unit
(IPU) a existé jusqu'à la fin des années 1950 au sein de la
branche scientifique et technique des services du contre-espionnage.
J'ai obtenu également quelques années plus tard du même organisme,
l'assurance que cette étonnante unité avait bien existé.
(Lettres du Department of the Army, Office of the Assistant Chief
of Staff for Intelligence, Washington, du 25 septembre 1980
à M. Richard Hall, et du 21 décembre 1987 à l'auteur)."

Vous trouverez ce qu'il en est ici:

http://www.cufon.org/cufon/foiasop.htm

Là encore, Jean Sider exagère.

- Il n'y a jamais eu "l'assurance que cette unité existait" mais
seulement une mention de ce que "ce service a été fermé à la
fin des années 50" et ses papiers ne sont pas trouvés.

- Il n'y a rien qui prouve que ce service aurait existé avant 1947.

- Tim Good a eu également une réponse officielle sur l'IPU,
indiquant que cet IPU était quelque chose d'informel:

"The 'unit' was formed as an in-house project purely as an interest
item for the Assistant Chief of Staff for Intelligence. It was never
a 'unit' in the military sense, nor was it ever formally organized
or reportable, it had no investigative function, mission or authority,
and may not even have had any formal records at all. It is only through
institutional memory that any recollection exists of this unit.
We are therefore unable to answer your questions as to the exact
purpose of the unit, exactly when it was disestablished,
or who was in command."

Voilà encore une "preuve" sur documents officiel qui n'est
pas exactement ce que Jean Sider en dit.

"3 - Un courrier de la NSA (National Security Agency) reçu
par un sénateur américain, élu du Connecticut. Il s'y trouve
indiqué qu'il existe ou a existé au sein de l'US Air Force,
un Project Aquarius, programme secret consacré aux UFOs.
(Lettre de la National Security Agency, Central Security
Service, au sénateur Pete Domenici, du 4 février 1987)."

Là il y a un bon reflet de la lettre de la NSA, effectivement
reproduite dans le livre de Sider. Mais là aussi, il n'y a aucune
information sur ce que ce projet Aquarius en rapport avec les OVNIS
était réellement. Bien entendu, cela _pourrait_ être,
je ne sais pas, un programme de désossage d'un engin
extraterrestre capturé. Mais cela aurait tout aussi
bien pu être un programme d'étude de photographies
d'OVNIS, par exemple. Secret? Oui. Censure? Oui.
Mais de quoi? Preuve de quoi?

On trouve ainsi un grand nombre de propsotitions biaisées
dans l'article de Jean Sider.

Ainsi, que Condon ait travaillé sur des projets secrets n'a rien
de bien pertinent. McDonald, Hynek avaient également travaillé sur
des projets secrets du gouvernement. En faisant cette allusion,
Sider donne à penser que ce serait une conclusion négative
"non sincère" que Condon aurait donnée; en réalité, il
est clair et net que son avis totalement négatif sur

les OVNIS était ce qu'il pensait bel et bien.

Que le rapport Condon ait fait 1485 dans sa version
originale et 965 pages au format poche par la suite
n'a pas non plus la moindre pertinence.

Que Condon ait inclut les recommandations de debunking
du panel Robertson n'est pas exactement une preuve
d'intentions officielles de désinformation, car dans
l'esprit des auteurs (et Condon ne l'aurait jamais cité
s'il n'en était pas ainsi), il s'agissait plutôt
"d'informer le public" que les OVNIS sont suvent
des ballons ou des étoiles; là encore, on peut penser
que l'idée réelle de la CIA était "les OVNIS, cela
n'existe pas, d'après le panel, ce serait donc
bon que le public arrête de nous embetter avec
ces sornettes."

Là encore, il se peut que l'idée de la CIA ait
été "nous avons capturé des extraterrestres, nous
_savons_. il faut éviter que le public mette le
nez là dedans". Il est permis de faire la supposition,
mais Jean Sider nous assurait avoir des
"documents officiels" prouvant un censure établie
dans le scénario où les "officiels savent."

Jean Sider nous dit que le rapport Condon est "un pavé d'une
lecture technique et rebutante, ce qui explique que peu de
chercheurs privés le lurent jusqu'au bout."

Que l'on se rassure, le rapport n'est pas "technique" à ce
point là, n'importe qui peut le lire aisément. Ceux qui ne l'ont
pas lu jusqu'au bout, ce ne sont pas les "chercheurs privés"
comme il le croit, ce sont les journalistes au moment
de sa parution. Les chercheurs privés, eux, l'ont lu,
et relu, et critiqué, je peux l'assurer!

Jean Sider écrit: "H. P. Robertson qui émargeait à la CIA".

Faux, il émargeait à CalTech. Il avait des _habilitations_
de haut niveau, puisqu'il travaillait entre autre pour
la défense, mais dire qu'il "émargeait à la CIA" ...

Certes le panel, ou plutôt, la CIA recommandait une
"éducation" du public "contre" les soucoupes, mais enfin,
si la raison en est que la CIA a simplement cru
en toute sincérité que les OVNIS n'existent pas,
cela a tout de même une autre dimension que celle
d'une opération de censure qui auurait été menée
pour cacher _l'existence_ des OVNIS.

et bien entendu, une question essentielle est laissée
dans l'ombre par Sider: les recommandations de la CIA
ont-elle seulement été suivies d'effets?

Jean Sider se perd beaucoup avec le rapport Brooking. D'une part
il dit que le rapport "est resté totalement ignoré pendant
trente-cinq ans." Erreur, il a été cité il y a plus de 35 ans par
Keyhoe, en 1973, dans "Aliens from Sapce" notemment.

Il dit ensuite n'avoir pas pu obtenir ce rapport auprès
du Congrès: "Le lecteur qui désirerait obtenir ce rapport
peut tenter de le réclamer à l'organisme qui le détient.
Il aura peut-être plus de chance que moi, car en dépit
de demandes au Congrès américain et à la Brookings
Institution, je n'ai jamais été honoré de réponses."

Je veux bien le croire, mais ce rapport
traîne partout depuis longtemps, si vous souhaitez le lire
vous le trouverez, joliment OCRisé en 1996, ici par exemple:

http://www.ufologie.net/doc/brookings.pdf

Vous pourrez donc vérifier s'il est réellement
correcte de dire que cela montre que la NASA
est "muselée."

Bien sûr qu'il n'est pas question de "faire encore confiance
aux communiqués de la NASA" mais enfin, que vaut la démonstration?

Je passerai bien vite sur l'affaire de 5 novembre 1990, elle a été
largement commentée et ce que Sider indique n'est guère
informé.

Je donnererais juste une remarque sur:

"Si l'on passe au peigne fin les témoignages collectés par les chercheurs
privés, la quasi-totalité écarte totalement l'idée d'une rentrée de 
satellite.
En effet, il est très souvent question de masses monolithiques, parfois
triangulaires, d'une taille gigantesque (des dizaines et centaines de
mètres de long, parfois davantage), se déplaçant à des altitudes très
basses (quelques centaines, voire dizaines de mètres de hauteur seulement).
La durée des observations atteint souvent de trois à cinq minutes, parfois
davantage. Or une rentrée dure très rarement plus d'une minute. Et puis,
il y a des phénomènes qui progressaient dans le sens contraire de la rentrée.
De multiples autres détails impossibles à rapporter dans cet article,
invalident également la version servie par le CNES."

Pour moi, c'est là de la très mauvaise ufologie.

Ces rapports collectés, je les trouve dans les 500 pages
du volume rassemblé par Franck Marie.

Dire que la "quasi totalité" ne correspond pas à une
rentré se satellite est irresponsable, c'est tout le contraire:

La quasi totalité correspond entièrement à la rentrée
de satellite!

Les "tailles gigantesques" et autres "altitudes très basses"
sont pour la quasi totalité de ces récits totalement absents.
Et qu'on en soit encore à prendre au pied de la lettre
des évlauation de hauteur ou de tailles dans ce types
de rapports ... voilà de l'ufologie d'il y a 50 ans!

sur la censure en France:

"pour obtenir des documents émanant des Gendarmeries sur
l'observation de ces phénomènes, il faut attendre soixante ans !
(Lettres de la DGGN, Sous-Direction Organisation Emploi, n°17712,
du 11 juillet 1989, et du Ministère de la Défense, Cabinet du
Ministre, n° 002548, du 25 octobre 1989, à l'auteur)."

Vrai !

Mais les américains n'y sont strictement pour rien.

"D'autre part, j'avais demandé au Centre des Archives de la DGGN, la
copie d'un procès-verbal concernant l'atterrissage d'un ovni près
de Forbach le 6 octobre 1954. Or cet organisme m'a fait savoir que
les PV de cette gendarmerie avaient été détruits (Lettre du Centre
Administratif de la Gendarmerie Nationale, Dépôt d'Archives,
Le Blanc, n°1333/2 EM.ARCH, du 6 juin 1989)."

Vrai, et honteux, mais c'est là notre honte nationale!

"Comprenne qui pourra...", nous dit Jean Sider.
Et bien ce que je comprends personnellement, c'est que
la censure sur les OVNIs, c'est chez nous et maintenant,
et qu'il y a d'autres choses à faire que de blamer
les Américains si l'on veut que cela change.

C'est en France que la situation est la pire, et de très loin.

Mais ce n'est pas parce que cela aurait été "imposé" par les
américains, ne rêvez pas, c'est notre propore pays qui
nous l'impose.

Cordialement
Patrick Gross


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