[OVNI-SCIENCES] Langage, symboles et extraterrestres
james0001 at free.fr
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Jeu 1 Sep 09:47:22 CEST 2005
Bonjour à tous,
Je ne peux pas participer avec la même célérité que d'habitude, ayant depuis 2
jours de petits ennuis de transmission depuis chez moi. Je suis obligé de
passer mes mails à partir de mon PC professionnel en me connectant sur le site
de Free. Comme ma compagnie est assez stricte pour les accès internet
non-professionnels, je ne reste que brièvement en connection.
Je voudrais d'abord faire une réponse à Franck. En premier lieu, je regrette
qu'on ait considéré les commentaires de mon avant-dernier mail comme "arguments
d'autorité". J'ai seulement parlé d' "expérience", sans y mettre la moindre
connotation du genre "c'est-moi-que-je-suis-le-plus-beau-et-le-plus-fort".
Désolé si cela a pu y donner ce sens. Certains ici qui me connaissent savent
très bien que ce n'est pas du tout mon style. Cela dit, je pense que si
personne ne parlait d'après son expérience culturelle ou son vécu
(professionnel, personnel, voyages, personnes rencontrées, etc, etc), nos
débats ne pourraient avoir lieu, car personne n'aurait rien à dire.
Au sujet des "cultures" animales : je suis évidemment entièrement d'accord,
Franck, avec le texte que tu as reproduit. Il est clair que les primates (nous
en faisons partie) et d'autres espèces peuvent acquérir et transmettre à leur
descendance des patterns de comportement. Ils sont capables d'inventer dans
une certaine mesure et d'enseigner. Les pratiques montrent des différences
selon les groupes, comme dans les groupes humains. Ces données ne sont
toutefois pas si nouvelles (c'est pourquoi j'avais cité Goodall elle est la
pionnière et la plus connue). Elles sont, disons, réactualisées chaque fois
qu'un léger incrément se manifeste dans la connaissance.
Si je continue à mettre des "" à "culture", c'est que, par contre, je récuse le
mot, et le mot seul, s'agissant du monde animal. Ce mot de culture supporte un
si grand nombre de sens et de "sous-nuances" dans l'espèce humaine qu'il me
paraît (et je ne suis pas le seul) très exagéré lorsqu'on l'applique aux
animaux, même aux primates anthropoïdes. Et d'abord, comme le dit justement
LeXav, culture sous-entend langage et pensée symbolique. Et, à l'intérieur de
la fonction langage, l'écriture, qui est la vraie la mémoire de l'espèce. En
l'occurrence, l'espèce humaine puisqu'elle est la seule à la posséder. De plus,
seul l'homme est doté des structures cérébrales capables de "coder" le symbole
et le symbole écrit. Le fait de penser implique la construction d'une image
idéographique, qui est éminemment symbolique. On peut toujours dessiner une
image de ce type. Même la pensée abstraite requiert le symbole, qui peut être
mathématique
La preuve définitive n'est pas encore acquise, mais des expériences en IRM avec
des tests de symbolique simples (ils sont soigneusement mis au point en fonction
des espèces) montrent l'activation de certaines aires corticales très
spécifiques chez l'homme (en particulier dans le cortex inféro-temporal) à la
présentation de chaînes de caractères ou de dessins signifiants. Cette
activation est absente ou extrêmement diffuse chez le chimpanzé. Chez les
grands singes d'ailleurs, les cortex associatifs hautement intégrés sont
beaucoup moins développés que dans notre espèce. Mais, la fonction créant
l'organe (enfin, c'est loin d'être prouvé), peut-être que dans quelques
dizaines de millénaires
Ensuite, il faut savoir qu'il existe (comme ton texte le suggère) une vieille
querelle entre anthropologues et ethologues à propos du comportement animal.
Une querelle intellectuelle qui se double de tout un tas de rivalités de
notoriété, de priorité de publication, etc, -- refrain connu dans toutes les
branches de la science.
Ceci posé, les remarques de Teky sur pensée et langage sont intéressantes. C'est
une ancienne question philosophique qui n'est pas tranchée. Peut-il y avoir une
pensée sans langage ? En l'état actuel, la réponse proposée est "non". Les
linguistes, derrière De Saussure, ainsi que les sémanticiens, nous assurent que
le niveau symbolique est indispensable à la formation de la pensée. On peut
imaginer, comme Teky, qu'une espèce extraterrestre (on y revient tout-de-même)
utilisera pour communiquer un bourdonnement. Cependant, un tel canal de
communication ne peut fonctionner sans un codage. Le code est une forme de
symbole dont les représentations mentales sont communes à tous les membres du
groupe et comprises instantanément par eux. Il est vrai que le symbole et ses
enchaînements (qui constituent le code le langage) sont appris de manière
externe (par les parents aux enfants). Mais le "moteur" des opérations mentales
qui permettent sa génération et sa réception est, lui, inné. Il procède des
connexions neuronales, avec leur chimie particulière, et il est spécifique à
l'espèce.
La communication avec des créatures intelligentes qui "bourdonnent", ne serait
certes pas facile, du moins au début. Mais (à condition bien sûr qu'elles en
aient le désir) leurs efforts conjoints aux nôtres aboutiraient à terme à la
mise au point d'une symbolique commune. Comme je le disais hier, l'univers
physique étant ce qu'il est, il est le même pour tous ses habitants. Les
contraintes qu'il impose peuvent toujours permettre l'établissement de codes de
communication (comme on l'a fait avec la plaque emportée par je ne sais plus
quelle sonde spatiale), en utilisant par exemple le langage mathématique (voir
les Végiens de "Contact" de C. Sagan). Quitte à inventer une nouvelle
symbolique mathématique. Le temps, comme d'habitude, fera le reste.
Désolé pour la longueur, mais le débat est on ne peut plus intéressant. Malgré
les apparences, il ne s'éloigne pas des thèmes de la liste. Je m'avance
peut-être un peu, mais il me semble que notre réflexion permettra, à terme, de
forger des outils d'action véritable.
Bien cordialement,
James
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