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[OVNI-SCIENCES] (sans objet)

james0001 at free.fr james0001 at free.fr
Mer 31 Aou 16:55:37 CEST 2005


Bonjour à tous,

Comme vous avez pu le constater ces derniers jours, nous avons retrouvé sur la
liste un thème récurrent qui a pour objet les modalités d'une prise de contact
entre l'homme et une espèce intelligente étrangère.
Ce sujet a déjà suscité ici des débats passionnés, voire polémiques. A mon sens,
ceci est normal et même, nécessaire. Pour autant, bien sûr, qu'on n'en vienne
pas à l'insulte ou à l'envoi de lettres piégées à la batrachotoxine…

Il est évident que, peu ou prou, nous pouvons nous accuser mutuellement
d'intolérance. Je crois que cela n'est pas grave. Le propre – et l'intérêt – de
ces discussions est que des positions initialement très tranchées peuvent se
moduler au cours du temps. Donc, ce type débat est toujours sain, même si sur
le moment on peut en concevoir de l'agacement. Le choix du nouveau nom de la
liste "debat@…" est tout-à-fait judicieux en l'occurrence. "Debat" et "combat"
procèdent de la notion commune d'opposition.

Ceci posé, je voudrais revenir sur des termes dont Franck Thomas semble croire
qu'ils définissent mon idée de la dispersion de l'intelligence dans l'univers :
"anthropocentrisme" et "anthropomorphisme".
Comme on sait, le premier désigne la notion aristotélicienne selon laquelle
l'homme est le centre de l'univers ce qui, par extension, lui confèrerait une
supériorité qui le placerait presque à l'égal des dieux. Le second est le fait
de traiter d'une forme ou d'un comportement en fonction de la forme ou de
comportements propres à l'espèce humaine.

Je préciserai d'abord que ma vision personnelle de l'univers habité n'est
absolument pas anthropocentrique. Pour presque n'importe qui au XXIème siècle,
a fortiori n'importe quel scientifique, une telle approche serait un non-sens
(comme le serait celle de géocentrisme). Et à partir du moment où l'on tient
pour quasiment certaine l'existence d'autres espèces pensantes évoluées dans
l'univers, la notion d'anthropocentrisme s'efface d'elle-même.

Celle d'anthropomorphisme, au contraire, supporte des connotations multiples qui
la rendent beaucoup plus difficile, soit à discuter, soit à justifier.
Mon opinion est que, sans toutefois le tenir pour négligeable, l'aspect
essentiel du "dossier" OVNI ne réside pas dans la physique. Connaître la
technologie de ces engins – leur mode de propulsion, la métallographie de leur
coque, leur "avionique", leur systèmes informatiques, etc – serait d'un réel
bénéfice pour notre monde.

Mais les questions principales me semblent d'un ordre supérieur. Il conviendrait
de s'interroger sur ces civilisations, sur leur(s) système(s) solaire(s),
leur(s) monde(s) d'origine, leur(s) évolution(s), leur(s) histoire(s), leur(s)
langage(s), leur réactions émotionnelles, leur(s) système(s) de pensée, leur(s)
niveau(x) d'agressivité, etc. Chacune d'entre elles est-elle solitaire, ou au
contraire sont-elles groupées en empires ou en fédérations ? Forment-elles des
sociétés hyper-hiérarchisées comme nos fourmis, ou à l'inverse accordent-elles
une importance primordiale à l'individu ? Possèdent-elles les notions de
démocratie ou de monarchie autocratique ? Pratiquent-elles l'esclavage ?
Sont-elles hyper-industrialisées ou au contraire laissent-elles sa place à la
nature ? Leurs mondes sont-ils entièrement recouverts de métal et régis par une
administration toute-puissante, comme Trantor, ou au contraire ressemblent-ils à
la Thalassa des "Chants de la Terre lointaine" ? Connaissent-elles la guerre ?
Certaines de ces créatures sont-elles télépathes et se soignent-elles par
induction émotionnelle ? Que signifient pour elles les notions de morale,
d'éthique, de dieu ?

Inévitablement, nous ne pouvons nous poser ces questions que par référence à la
nature et l'histoire humaines. Comment pourrait-il en être autrement ? De ce
fait, nous ne saurions approcher une espèce extraterrestre intelligente dans le
même esprit et avec les mêmes moyens que nous le faisons avec des animaux. Ce
serait, là aussi, un non-sens.

Nous serons nécessairement forcés d'adopter, initialement du moins, une attitude
"anthropomorphique" dans nos tentatives de connaissance d'une autre
civilisation. Mais ce terme n'implique pas la stupidité, comme certains
auraient tendance à le croire. Bien entendu, il pourrait y avoir de nombreuses
difficultés à communiquer avec une espèce étrangère. Comment trouver un langage
commun avec une société de termites technologiques, par exemple ? Ou quid du
partage d'informations avec des créatures qui ne verraient que dans
l'ultra-violet, ou par le toucher ? Situations extrêmes, évidemment, mais qui
méritent réflexion préalable.

La vivacité de mes prises de position dans les mails de ces derniers jours (mes
excuses, Franck) tient au fait suivant : dans l'état actuel des choses, nous
disposons tout-de-même d'indices non négligeables. Lorsqu'on considère
l'ensemble des témoignages, selon toute apparence les visiteurs qui ont
interagi avec l'homme possèdent des sens analogues, sinon identiques, aux
nôtres, sans quoi cette interaction aurait pris une toute autre forme. Ils se
meuvent dans des véhicules d'une technologie qui, même si elle est en avance
sur la nôtre, n'est pas hors de notre portée conceptuelle. Leur apparence est
humanoïde, ils sont à station verticale, ont quatre membres et des organes de
préhension manuelle, déplacent leur corps en marchant. Leur tête, portant les
organes des sens (en tout cas les yeux) est placée au sommet du corps. Leur
appareil respiratoire, quelqu'il soit, semble supporter sans scaphandre une
atmosphère d'oxygène, ce qui permet d'espérer que leur cycle vital soit basé
sur la chimie du carbone (mais la combinatoire soufre-oxygène ou
silicium-oxygène est également possible). Tous ces éléments constituent les
signes révélateurs d'une évolution purement planétaire (gravité, éclairement,
atmosphère, etc). Si on admet qu'ils voyagent dans l'espace (ou dans un
hypothétique hyperespace), cela signifie de facto qu'ils utilisent l'espace (ou
l'espace-temps), milieu physique, d'une manière identique à la nôtre (ou à celle
que nous espérons dans l'avenir). Comme nous, ils doivent prendre en compte les
paramètres physico-chimiques de l'univers, qui leur imposent en conséquence les
mêmes contraintes qu'à nous-mêmes. On pourrait multiplier les comparaisons.

En définitive, il paraît y avoir de grandes chances pour que de tels profils de
comportements soient les résultantes d'une évolution biologique opérée à partir
de combinaisons physico-chimiques proches de celles que nous connaissons.
Partant de là, il serait surprenant que les canaux de communication soient
radicalement impraticables et donc les psychologies totalement incompatibles.
C'est le sens de ma réflexion.

Il est maintenant clair, et je suis d'accord avec Franck, que nous
n'approcherons de véritables certitudes dans ce domaine qu'en capturant et en
étudiant l'une de ces créatures. A moins qu'une prise de contact soit possible
entre nos représentants et les leurs, ce qui ne semble pas d'actualité. Il
reste à espérer que l'une ou l'autre de ces conditions sera réalisée dans un
délai raisonnable.

Bien cordialement,

James





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