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[OVNI-SCIENCES] (sans objet)

Robert Alessandri hal9000 at univers-ovni.com
Lun 15 Aou 23:01:56 CEST 2005


Me revoilà...

Avant que Patrick ne donne de nouveaux arguments contre l'idée d'un 
drone nucléaire, je finis de répondre aux anciens... Les citations n'en 
sont pas, c'est juste un résumé qui me semble correct des différentes 
objections qui m'ont été opposées... Je compte sur Patrick pour me 
corriger si j'en oublie ou si j'ai mal compris...

> - il serait beaucoup plus facile de faire un avion ou un missile à 
> propulsion nucléaire qu'un hélicoptère, parce que l'air circulant plus 
> vite il peut assurer le refroidissement du réacteur...

Franchement, ça m'étonnerait beaucoup... Quand l'air circule à grande 
vitesse, il a tendance à échauffer plutôt qu'à refroidir en raison du 
frottement, et en plus pour aller vite il faut lutter contre la 
résistance de l'air, et donc développer plus de puissance... Le projet 
de missile à propulsion nucléaire nécessitait un réacteur nucléaire de 
600 MW, alors que le drone que je propose se contenterait sûrement 
d'une cinquantaine de mégawatts... Si la puissance du réacteur est dix 
fois moindre, il est dix fois plus facile à refroidir!

Et dans le cas de l'avion, s'ajoutait la difficulté de transférer la 
chaleur du réacteur nucléaire aux quatre moteurs situés sous les 
ailes... Ça nécessitait des tonnes de tuyauterie, et ça ne devait pas 
être très efficace... Avec un seul moteur à proximité immédiate du 
réacteur, c'est beaucoup plus facile...

Alors non, décidément, je maintiens qu'il est beaucoup plus facile de 
faire voler un réacteur nucléaire en stationnaire qu'à grande 
vitesse...

Si on ne l'a pas fait, c'est parce qu'on s'escrimait dans les années 50 
et 60 à faire voler un réacteur nucléaire entouré d'enceintes 
protégeant les passagers et l'appareil lui-même contre les 
rayonnements, que tout ça représente une masse irréductible de près 
d'une centaine de tonnes (s'il faut 50 cm de plomb pour arrêter les 
rayonnements, on ne peut pas faire une protection légère!) et que ça 
n'est pas compatible avec ce que peut emporter un hélicoptère.

> - Malgré les dizaines de tonnes d'écrans de protection emportées par 
> l'avion ayant servi aux tests, les pneus et bien d'autres éléments ne 
> résistaient pas aux radiations, ils tombaient en morceaux...

Encore une fois, ces programmes datent du début de l'ère nucléaire, et 
la science des matériaux a fait des progrès depuis... Des matériaux 
capables de résister longtemps à des niveaux de radiations élevés, on 
en connaît, y compris pour les circuits électroniques, et on fabrique 
par exemple des robots capables d'opérer dans l'enceinte des centrales 
nucléaires... Outre le fait qu'on a fait beaucoup de progrès entre 1960 
et 1980, le problème est encore qu'on voulait faire voler un moteur 
nucléaire d'une centaine de tonnes, et que construire un avion capable 
d'emporter une telle masse avec des matériaux résistant aux radiations 
le coût aurait été prohibitif... C'est bien ce que ces essais ont 
montré, mais avec un appareil d'une masse beaucoup plus modeste c'est 
beaucoup plus simple...

> - Il ne suffit pas de protéger l'équipage et l'appareil, mais aussi 
> tout le personnel et les infrastructures au sol, il faut décontaminer 
> le moindre gant s'étant approché de l'appareil après chaque opération, 
> tout ça est complètement ingérable.

D'abord, il n'est pas nécessaire de décontaminer quoi que ce soit, 
sinon ce qui a été en contact avec des matériaux radioactifs... Et si 
dans certains des projets étudiés dans les années 50 pour réaliser un 
avion à propulsion nucléaire l'appareil devait disperser des produits 
radioactifs dans la nature, d'autres solutions permettaient de 
l'éviter...

Pour ce qui est des radiations, il est clair qu'il ne doit y avoir 
aucun personnel non protégé dans un rayon de plusieurs centaines de 
mètres autour du réacteur en fonctionnement... Dans son étude que j'ai 
citée sur la faisabilité d'une navette spatiale à propulsion nucléaire, 
David Froning estime qu'il faut que le réacteur soit mis en marche à 
une altitude de douze kilomètres pour éviter tout effet néfaste sur 
l'environnement ou les populations au sol... Ce projet concerne un gros 
appareil emportant un réacteur de quatre gigawatts, on peut supposer 
que pour un appareil beaucoup plus petit muni d'un réacteur de 
cinquante mégawatts cette distance de sécurité serait réduite à 1 km...

Ça implique donc pour les militaires de disposer d'un terrain désert de 
quelques kilomètres carrés, et d'y construire des installation 
souterraines à l'abri des rayonnements pour accueillir le personnel, 
une enceinte spéciale et protégée recevant le drone au sol...

Quant aux opérations d'entretien, Froning nous donne aussi la solution 
: attendre... Dans son projet, la navette ayant à son bord le dangereux 
réacteur doit pouvoir ravitailler une station spatiale... Et pour cela, 
elle doit rester en orbite plusieurs jours réacteur éteint, afin que le 
niveau de radiations devienne acceptable pour l'équipage de la station. 
Si l'on se fie à son étude, ce niveau est divisé par dix mille après 
trois jours, et ça suffirait...

C'est donc le temps qu'il faudrait attendre pour intervenir sur le 
drone nucléaire après une mission pour que le personnel n'ait pas à 
travailler sous des niveaux de radiation exagérés...

Tout ça ne me semble pas du tout «ingérable», mais ça l'était sûrement 
dans les projets envisagés dans les années 50 de monstrueux avions à 
propulsion nucléaire, qui avaient besoin entre autres choses d'une 
immense piste d'atterrissage pour atterrir avec leur dangereux 
chargement.

> - Un tel appareil nécessiterait des aménagements spécifiques et très 
> coûteux, il ne pourrait donc être réalisé qu'en très peu d'exemplaires 
> et ne pourrait pas être transporté n'importe où.

Qu'il y ait une seule installation capable d'accueillir ce ou ces 
drones n'a guère d'importance puisque celui-ci serait capable 
d'atteindre n'importe quel point du globe... Pour ce qui est du nombre 
d'exemplaires et du coût de ces installations je n'en ai aucune idée, 
sinon sur le fait que ça coûterait beaucoup moins cher que ce qui 
aurait été nécessaire pour développer les projets d'avion à propulsion 
nucléaire, jugés trop coûteux...

> - Un tel appareil n'aurait aucune utilité, les hélicoptères et les 
> dirigeables on sait faire, alors pourquoi un engin à propulsion 
> nucléaire capable de faire du surplace?

Je n'ai aucune connaissance en stratégie militaire, mais il me semble 
qu'un appareil d'observation capable de stationner pendant des semaines 
entières au-dessus de n'importe quel point du globe ça peut avoir son 
utilité. Certes, techniquement, un dirigeable peut aussi le faire... 
Mais pour emporter la même charge utile, il devra être beaucoup plus 
volumineux (on ne peut rien y faire, il faut un mètre cube de gaz léger 
pour soulever un kilogramme de charge, et ça empire avec l'altitude)... 
Donc plus facilement repérable, et étant plus sensible au vent il devra 
tout de même consommer pas mal de carburant...

Cordialement,

Robert Alessandri



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